Ames
soeurs
Chapitre 8 :
Complot de famille (2)
Genre : euuuuuuh… oupssss !
_ Non ! Non !
Non ! Non ! Non !
_ Ah si !
_ Mais non,
d’abord !
_ Que tu crois !
_ Herm !
Lâche-moi ! Au secours, quelqu’un !!!
_ Rêve mon grand, personne
ne viendra t’aider ! Sourit mi-figue, mi-raisin la jeune femme alors
qu’elle entraînait inéluctablement son aîné vers le terrain de Quidditch.
Celui-ci tentait
vainement de se libérer de son étreinte, mais elle avait, à son insu, lancé un
petit sort qui l’empêcherait de se dégluer d’elle, au moins le temps qu’elle
accomplisse sa « mission ».
Ginny, tu vas me le
payer !!! Mais pourquoi j’ai accepté d’abord ! Qu’elle gourde !
Il va me réduire en bouilli !! Enfin, j’aurais toujours l’autre grand nigaud
pour me servir de bouclier ! Pitié, protégez-moi !!!
Le grand rouquin se débâtit encore un peu avant de sembler
comprendre qu’il n’avait aucune chance d’échapper lui aussi à la corvée et de
la suivre en rouspétant tout ce qu’il savait sur les histoires de cœur dont il
ne fallait décidément pas se mêler, sans compter les quelques heures de colles
qu’il lui promettait en retour.
Mais pour le coup, sous
directeur ou pas, elle n’était pas plus impressionnée que ça. Elle avait bien
plus à redouter à l’instant d’Harry et elle n’allait certainement pas affronter
le jeune homme seule, quoi que Percy puisse en dire. Elle n’était pas sûre de
sa réaction. Il aimait autant Ron qu’il pouvait détester Draco, autant dire que
savoir que ces deux là commençaient à s’entendre n’allait pas forcément lui
plaire.
Elle-même n’était pas
vraiment sûre de savoir comment réagir. Ce n’était pas tous les jours qu’on
voyait les deux pires ennemis que la terre ait portés dans les bras l’un de
l’autre.
Elle devait pourtant avouer
que la détresse qu’elle avait pu apercevoir sur les traits du blond n’avait pas
été sans l’émouvoir. Il avait semblé tellement… perdu. Comme elle n’avait
jamais vu personne l’être, plein d’une souffrance que même lui n’avait pu
mériter.
Pour autant, elle ne
savait pas encore vraiment comment juger de son attitude. Comment être sûre
qu’il ne s’agissait pas une feinte pour mieux les duper ? Pour mieux faire
souffrir Ron ? Quelqu’un pouvait-il vraiment être si bon acteur ?
En tout cas, Ginny
n’avait pas l’air de le croire et avait décidé à leur plus grand désarroi de
jouer les agences matrimoniales.
Elle poussa un soupire.
Et dire qu’elle était
charger d’apprendre ça à Harry !
Les plus sinistres
sorciers de la terre devaient lui en vouloir pour une raison qu’elle ignorait
encore.
Pourquoi elle ???
_ Hermione ! Plaida
une nouvelle fois Percy.
_ Grrrr…
_ Herm…
_ N’y pense même
pas !
_ Steupl…
Elle s’arrêta pour le voir
la dévisager avec de grands yeux de biche prit dans les phares d’une voiture
qui lui firent pousser un petit soupire amusé. Elle en arrivait presque à le
plaindre avec une telle expression.
Mais à quoi
pensait-elle ?
C’était elle qui avait
des problèmes dans l’histoire, pas lui !
_ Il n’est pas question
que je lui annonce ça toute seule, ponctua la jeune femme d’un ton résolu avant
de se remettre en marche, le tirant toujours derrière elle.
_ Mais pourquoi
moi ?
Hermione eut une moue
ironique à cette demande, étrangement semblable à la sienne, avant de
répondre :
_ Parce que c’est Ton
frère.
_ Mais c’est Ton
fiancé !
_ Petit ami !
_ Peu importe, je ne vois
pas pourquoi je devrais être là ! la supplia-t-il. S’il te plait !!!
_ Trop tard !
Percy fit la grimace.
Ils venaient d’arriver.
La pelouse était désormais vide de joueurs,
à peine encore balayée par une légère brise et on ne voyait plus que les traces
du match acharné qui s’y était déroulé, comme marquée. Il y avait en plein
centre un sillon d’herbes roussies sur plusieurs dizaines de mètres, probable
résultat d’un rapide rase-mottes du vif d’or alors que Harry tentait tant bien
que mal de l’attraper. Un peu plus sur la gauche, un fouillis de pailles, de
terre et d’herbes, indiquait la place d’un carambolage qui devait avoir fait
plus de peur que de mal, alors que sur les abords du terrain, confettis et
drapeaux abandonnés prouvaient qu’une fois de plus les Griffondors avaient
remporté la victoire.
Les tribunes étaient,
elles aussi, désertes, abandonnées aux caprices d’une brise qui balayait les
restes de pop corn, cartons de boisson et autres papiers de bonbons allègrement
consommés par les spectateurs.
Plus aucun bruit ne se
faisait entendre et Hermione s’arrêta brusquement, la mine déconfite,
comprenant qu’elle était arrivée trop tard.
Harry allait vraiment la
tuer.
Derrière elle, toujours
agrippé par la manche, Percy se racla la gorge en pensant à son pauvre
partenaire qu’il avait abandonné à commenter seul la partie et poussa un petit
soupire.
_ Bon… bah… on fait quoi
maintenant ?
La jeune femme s’ébroua
un peu pour se remettre les idées en place et parcourut une dernière fois la
place du regard, pour finalement se retourner vers le jeune homme et le lâcher.
_ Tu peux rentrer si tu
veux, moi je vais essayer de retrouver Harry, dit-elle d’un ton résigné. Avec
un peu de chance, je ne finirais qu’à l’hôpital !
Percy lui lança un petit
sourire tendre.
_ Tu exagères Herm, je
suis sûr qu’il doit bien plus s’inquiéter que t’en vouloir.
_ Je sais, je sais…
répondit la jeune femme en lui rendant son sourire. C’est juste que…
_ Que tu aurais préféré
que Ron se fasse réduire en bouilli, découpé en petite lamelle, ratatiné par un
troupeau de poux enragés, plutôt que faire ami-ami avec Draco ?
_ Quelque chose dans ce
genre là.
Le jeune homme éclata de
rire devant sa mine faussement contrit et la prit gentiment le bras.
_ Allez, viens ! Je
t’accompagne !
_ Je croyais que tu ne
voulais pas venir ?
_ Je ne peux quand même
pas te laisser affronter un si grand danger toute seule, il en va de mon statut
de chevalier servant.
_ Ose prétendre que je
suis une pauvre demoiselle en détresse !
_ Môa, je n’oserais
jamais dire ça !
_ Mouai… marmotte, chocolat,
papier d’alu !
_ Eehhhhhh, tu veux que
je vienne avec toi ou pas ?
_ Oki, oki, rien
dit ! Toi mamour !!!!
_ Ca je le savais
déjà ! !
_ Euh, les chevilles ça
va ?
_ Un peu serrées
peut-être, pourquoi ?
_ Pour rien… m’étonne
pas !
Percy lui adressa une
immense grimace de contentement et tous deux éclatèrent de rire, relâchant une
certaine tension.
_ Ouf ! Réussit à
souffler finalement Hermione. Ca fait du bien !
_ N’est-ce pas !
Elle sentit son aîné lui
ébouriffer les cheveux d’un geste affectueux et le regarda avec amusement.
_ Tu devrais te méfier,
Harry est très jaloux.
_ Ah ce point là ?
_ Tu n’imagines pas.
_ Il n’aimerait pas alors
savoir que tu le trompes avec moi depuis le début ! sourit malicieusement
Weslay pour la taquiner.
_ Certainement pas !
Hermione se figea soudain
au son de la voix qui venait de s’élever derrière eux et eut du mal à contenir
un grincement de dents. Le sourire de Percy se figea en une expression désolée
et la jeune femme se retourna lentement pour faire face au nouvel arrivant.
_ Ha… Harry…
_
Hermione…
Il fronçait les sourcils d’un air sévère et presque déçu,
accentuant un peu plus la marque qui barrait son front, le rendant presque
effrayant et la jeune femme déglutit péniblement alors que Weslay pestait dans
sa barbe contre sa propre stupidité.
Il se retourna pour lui
faire face et soupira en voyant son expression coléreuse. Comment avait-il pu
les mettre dans une telle galère ?
_ Tu sais, commença-t-il,
ce n’est pas…
Harry éclata de rire au
même instant, lui coupant toute chance de s’expliquer, au grand étonnement des
deux jeunes gens qui le dévisagèrent un instant sans comprendre avant de se
détendre.
_ Excusez-moi, souffla le
jeune sorcier entre deux hoquets, mais je n’ai pas pu résister. Vous auriez du
voir votre tête !
_ Ahahah, très drôle
Harry, souffla Hermione qui se remettait péniblement de la frayeur de sa vie…
enfin, presque.
Le jeune homme la prit
aussitôt dans ses bras et déposa discrètement un léger baiser au creux de son
cou.
_ Allez, fait pas la
tête, c’était juste une blague.
_ Grumph !
_ Moi aussi je
t’aime !
La sorcière ne put
s’empêcher de sourire au grand amusement de Percy qui s’attendrit bêtement
devant leur air amoureux. Il semblait vraiment fait pour être ensemble, le
couple parfait… un peu comme… euh… enfin, pas vraiment, mais… peut-être que si
d’ailleurs… seul l’avenir le dirait.
_ Alors, où
étiez-vous ? demanda finalement Harry le sortant de ses pensées. Vous avez
vraiment manqué une fin de match fabuleuse.
Hermione et Percy se
regardèrent un instant, échangeant mentalement une grimace.
_ Nous n’en doutons pas,
finit par répondre la jeune femme. Mais, il s’est passé quelque chose… comment
dire… d’imprévu ! Oui c’est ça, d’imprévu !
_ Ah !
_ De très surprenant
même, ajouta Percy.
_ D’incroyable, je
dirais, ponctua la jeune femme.
_ D’extraordinaire !
_ D’inconcevable !
_ D’inimaginable !
_ Non, mieux que ça, de…
_ STOP !
Les deux jeunes gens
s’arrêtèrent pour regarder Harry qui les dévisageait, halluciné et visiblement
complètement perdu.
_ On peut savoir de quoi
vous parlez, si ce n’est pas trop demander ?
A nouveau Hermione et
Percy échangèrent un regard lourd de conséquences avant que ce dernier ne dise,
se triturant inconfortablement les mains :
_ Bon, bah, c’est pas
tout ça, mais j’ai une école à surveiller moi !
_ Une minute papillon,
s’exclama soudain Hermione, le saisissant par le bras avant qu’il n’ait le
temps de se défiler. Et mon chevalier servant, il est où ? A moins que tu
n’ai déjà oublié ?
_ Non, non !
_ Bon alors… pas
bouger !
_ Oui, chef ! Bien,
chef !
_ Repos soldat !
_
Euh, Herm ?
_ Oui Harry ?
_ Tu m’expliques ?
La jeune femme soupira
doucement, s’assura une dernière fois que Percy n’allait pas prendre la poudre
d’escampette et s’éclaircit la gorge.
_ Je crois qu’il vaudrait
mieux que l’on s’assoit d’abord, dit-elle en désignant les gradins.
Harry la regarda suspicieusement,
mais ne fit aucun commentaire devant son expression déterminée et gagna
doucement le premier banc pour s’y installer, immédiatement suivit de ses deux
amis.
_ Alors ?
Demanda-t-il une fois en place.
_ Je vais d’abord te
demander deux choses.
_ Quoi ? Demanda
doucement le jeune homme, plus vraiment sûr de réellement vouloir connaître son
secret au vu de la tournure que prenaient les choses.
_ D’abord je voudrais que
tu me jure de ne pas t’énerver et ensuite de prendre bien le temps de réfléchir
avant de faire quoi que ce soit que tu pourrais regretter.
_ Hein ? Mais
pourquoi ?
_ Jure-le moi et je te le
dirais après.
Harry la dévisagea
quelques instants, puis Percy, tentant sans succès de déchiffrer leur
expression fermée, de pouvoir ne serait-ce même qu’anticiper un tant soit peu
ce qu’ils allaient lui annoncer, mais sans succès. Il ne savait pas de quoi il
s’agissait, mais quelque chose lui disait que ça n’allait pas forcément être de
son goût. Voyant néanmoins qu’il ne tirerait rien d’eux avant d’avoir promis,
il soupira doucement et fit ce qu’on lui demandait.
_ Je le jure.
_ Bien ! Soupirèrent
de concert les deux jeunes gens, visiblement soulagés.
_ Si nous n’avons pas
suivi la fin du match, c’est pour une bonne raison, commença Percy.
_ Oui ?
_ Tu as pu remarquer que
Ron se comportait bizarrement depuis ce matin, poursuivit Hermione.
_ Oui…
_ Et bien, tout à
l’heure, pendant le match, il est soudain parti sans explication et nous avons
décidé de le suivre pour comprendre pourquoi.
_ Nous ?
_ Moi, Ginny, Percy,
George et Fred.
_ Ah… Et ?
_ Nous l’avons vu partir
en courant à travers bois, apparemment à la poursuite de quelque chose et nous
nous sommes lancés derrière lui. Nous avons probablement du traverser plus de
la moitié de la forêt avant de le retrouver et ça n’a pas été facile, tu peux
me croire. Et lorsque nous avons pu enfin lui mettre la main dessus, ce fut
pour… pour…
Mon dieu, comment
pouvait-elle lui dire ça sans lui provoquer une crise cardiaque ?
_ Pour ? Demanda
Harry de plus en plus suspicieux.
Hermione regarda Percy à
la recherche d’un quelconque secours, mais ce dernier était autant à court
d’idées qu’elle et il la regarda désolé, ponctuant d’un petit haussement
d’épaule son impuissance, mordant doucement sa lèvre.
_ Pour ? Insista
Harry.
Oulàlà, une idée,
vite ! Une très bonne idée ! Une très, très, bonne idée, pleine de
tact et de finesse !
_ Pour ?
_ Pour le retrouver dans les
bras de Draco en train de le bécoter… euh de le CONSOLER ! Oui, c’est ça
de le consoler !
Oh oui, excellente
idée Hermione ! Vive le tact ! Vive la finesse ! Ah, £$%§& !
Harry la dévisagea un
instant sans vraiment sembler comprendre, le visage étrangement cireux et
retenant son souffle.
_ Harry ? Demanda
jeune femme, avançant doucement une main vers lui.
Le sorcier cligna une
fois des yeux, puis deux.
_ Harry ? insista Hermione, inquiète.
Respire, ok ?
Elle le vit fermer les
yeux et vaciller.
_ Harry ?
Puis, il s’évanouit!
_ HARRY!
La jeune femme se pencha
aussitôt sur lui pour le secouer doucement, mais son regard resta obstinément
clos et son corps sans réaction.
_ Misère… je savais que
c’était une mauvaise idée… Harry, réveille-toi !
Percy se pencha sur le
jeune homme aux côtés d’Hermione pour prendre son pouls, avant de finalement la
regarder un étrange sourire amusé aux lèvres.
_ Moi, je trouve qu’il a
pris ça plutôt bien !
_ PERCYYYY !
_ Bah quoi ?
***
Lorsqu’ils arrivèrent aux
abords de la forêt, ils étaient essoufflés et en sueur. Ils n’avaient pris
conscience de s’être élancés si loin dans les bois qu’après avoir du faire tout
le chemin en retour, plus attentifs cette fois à échapper aux pièges des arbres,
des souches et des ronces, tout en sachant qu’il leur fallait rentrer le plus
rapidement possible.
Ils avaient couru l’un
derrière l’autre, se tenant pourtant toujours la main, ne parlant pas,
savourant silencieusement, mais sans vraiment s’en rendre compte, un contact
dont ils ne pourraient peut-être plus profiter avant longtemps. Ils s’étaient
contentés d’avancer pendant ce qu’ils leur avaient semblé des heures et
pourtant de trop courtes minutes à la fois, avant d’atteindre enfin l’orée
baignée de soleil de la forêt, s’arrêtant enfin quelques instants pour
reprendre leur souffle.
Ils n’avaient alors pas
encore quitté le couvert des arbres, restant sous la relative protection de
leurs branches emmêlées qui les cachaient encore au reste du monde, regardant
presque à regret les hautes bâtisses de l’école qui les invitaient contre leur
gré à regagner leur foyer… seul.
Draco poussa un petit
soupire et raffermit un peu sa prise sur la poigne humide de son compagnon,
mélange de leur fatigue, avant de prendre conscience de son geste et de
relâcher brusquement sa main, rougissant sans le vouloir. Son regard croisa
rapidement celui de Ron, avant de soudain se détourner pour se concentrer, avec
une ferveur toute particulière, sur une feuille morte au sol, comme si celle-ci
pouvait lui apporter l’illumination. Il bougea nerveusement, époussetant d’un
geste absent sa robe, incapable de se replonger dans les immenses yeux de son
compagnon et murmura un « pardon » à peine compréhensible et timide.
Ron le regarda faire avec
un étrange sourire heureux aux lèvres, constatant presque avec inquiétude qu’il
était en train de grimacer comme un fou, mais incapable pour autant de
supprimer cette expression de pure joie qui animait ses traits. C’était
absurde, mais le comportement étrangement réservé de Draco le faisait craquer
tant s’en était adorable et surprenant.
Il n’aurait jamais cru
pouvoir le voir un jour rougir, surtout en sa présence, pourtant c’était bien
deux cercles rosés qui paraît maintenant ses joues, illuminant sa peau trop
pâle en une frimousse rafraîchissante, un peu comme un enfant surpris la main
dans le pot de bonbons.
Il en aurait presque
éclaté de rire s’il n’avait pas pensé que le jeune homme risquait de mal
interpréter cette simple expression de joie, la confondant avec de la moquerie.
_ Bon… on fait
quoi ? Demanda-t-il finalement pour briser le silence de plus en plus
lourd qui s’installait entre eux.
Draco releva brusquement la
tête, comme sortit de ses pensées et lui sourit doucement, visiblement mal à
l’aise.
_ Je crois qu’il faut
rentrer, dit-il avec un petit soupire de regret qu’il tenta de ravaler sans
grand succès et qui n’échappa pas à Ron.
_ Ensemble ? Demanda
ce dernier.
Draco se sentit rougir un
peu plus à cette idée et détourna le regard pour ne pas se faire voir,
maugréant tout ce qu’il savait sur sa soudaine timidité qu’il n’arrivait pas à
s’expliquer. Il ne s’agissait que de Ron tout de même, il n’y avait pas là de
quoi en faire tout un plat ! Alors pourquoi réagir comme un collégien à
son premier rendez-vous ?
Je ne veux même pas le
savoir !
_ Je ne crois pas que ce
soit une bonne idée.
Il ne put manquer le
petit soupire triste de Ron et ajouta bien vite.
_ Je veux dire,
normalement nous sommes toujours ennemis et…
Il fut incapable de
terminer sa phrase, ne sachant trop quoi dire.
_ Le sommes-nous encore
vraiment ? Demanda doucement Weaslay, mettant à nu ses propres doutes.
_ Je… non ! Enfin, je
veux dire… pas… pas moi.
Les deux derniers mots
n’avaient été que souffles qui étaient pourtant parvenu aux oreilles du rouquin
qui sentit un immense soulagement le parcourir.
_ Moi non plus,
sourit-t-il alors gentiment avant de lui tendre la main. Ami ?
Malfoy sursauta, surpris
et la considéra quelques secondes, ayant du mal à vraiment réaliser ce que Ron
lui proposait, la chose étant presque trop belle pour être vrai. Il déglutit
difficilement, tenant de supprimer les tremblements de son corps et de sa voix,
alors qu’il prenait délicatement cette main offerte et murmurait :
_ Ami.
Le sourire de Ron
s’agrandit un peu plus et ils eurent tous les deux le sentiment qu’ils venaient
de franchir une étape importante, scellant un lien plus fort qu’un pacte de
sang, sans pouvoir cependant en percevoir toutes les conséquences et les
répercussions.
_ Je…
_ Chut, souffla Ron, ne
dit rien. Va en premier, j’attendrai que tu te sois suffisamment éloigné pour
sortir des bois.
_ Mais…
_ Va, te dis-je !
Ajouta-t-il encore en posant doucement un doigt sur ses lèvres. Tout va bien,
je comprends parfaitement.
Draco se contenta de
hocher doucement la tête, avant de finalement s’éloigner pour sortir des bois.
Néanmoins, avant de franchir le dernier pas qui le séparait du terrain à
découvert, il se retourna une dernière fois vers son compagnon.
_ Ce soir ?
Ron le regarda un
instant, considérant la chose, avant d’ajouter dans un sourire malicieux.
_ Neuf heures.
_ La tour de magie ?
_ J’y serai !
Malefoy ne dit rien, bien
trop content et se détourna immédiatement pour courir en direction de l’école
sous le regard attentif de son compagnon.
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